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#25   19 mars 2020

L'équipe de Ouest Médialab est elle aussi confinée mais continue de repérer pour vous les initiatives les plus inspirantes. Alors que chacun prend ses marques et improvise une nouvelle organisation face à des contraintes inédites, très vite les rédactions ont esquissé les premières solutions pour l’info locale : de la solidarité, de l’info d’utilité publique, des collaborations et un peu d’imagination pour accorder sphères publique et privée en cette période de confinement. 

 1   Plateformes d’entraide et gratuité : les réflexes solidaires des médias locaux


Comme s’il s’agissait de se recentrer sur la mission première des médias de proximité, des opérations de solidarité se sont mises en place très rapidement dans les rédactions. Coronaides, une application d’offre de services (courses pour les personnes âgées, gardes d’enfants) mise en ligne par Nice Matin juste avant le week-end des élections, a enregistré 11 000 téléchargements et 90 000 visites en quatre jours. “Nous avons eu un peu plus de 3 000 propositions qui viennent de partout en France. A la base, nous visions 300 dans notre région”, nous explique Damien Allemand, le responsable du digital à Nice Matin.

Le Télégramme a lancé l’opération “Solidarité Coronavirus Bretagne”, afin de “mettre en relation gratuitement ceux qui veulent aider et ceux qui ont besoin d’aide”, grâce à un formulaire et une cartographie des propositions.
Ouest-France s’est associé à la startup Allovoisins, une plateforme qui permet à des habitants d’un même quartier de partager des offres de services. Les groupes Facebook restent encore le canal privilégié pour les mises en relations : dans la Sarthe, le journal a créé trois groupes hyperlocaux pour favoriser la solidarité dans les villes moyennes.

Evidemment, la solidarité s'accommode mal des paywalls. Tout ce qui concerne le coronavirus semble désormais considéré comme une information d’utilité publique, avec l’obligation morale de la diffuser gratuitement. Si tous les articles des médias locaux sur le sujet sont désormais en accès libre, certaines rédactions ont choisi d’aller plus loin. Par exemple, Ouest-France accorde des abonnements numériques gratuits durant deux mois, et les 14 rédactions locales du Journal des Entreprises ont ouvert l’intégralité de leurs sites aux non-abonnés depuis mardi.

 2   Comment couvrir la crise sanitaire sans devenir anxiogène


Même avec des éditions allégées et une actualité mono-thématique, les rédactions peuvent avoir du mal à ralentir le rythme de diffusion des infos. Il Vostro Giornale a dû s’y résoudre, non pas en raison d’un pénurie d’actualité mais pour le bien et à la demande de ses lecteurs. Le pure player de Savone, en Ligurie, a publié un mea culpa une semaine après le début de la crise sanitaire en Italie, reconnaissant le caractère anxiogène de ses multiples articles sur les victimes du COVID19 ou sur la panique dans les hôpitaux.

Parce que l’on consulte les médias, aussi, pour calmer nos inquiétudes et notre anxiété, succomber à la tentation de survendre un sujet n'est peut-être pas l'idée la plus judicieuse pour garder la confiance des lecteurs. C'est aussi l'un des conseils d'un guide pratique mis à jour à Philadelphie par Resolve Philly : "Ne couvrez pas l'épidémie comme une course de chevaux."

 3   Des conseils pour maintenir la confiance du public pendant l’épidémie


En première ligne pour combattre les fausses informations qui pullulent sur le terrain de la pandémie, les médias ne sont pas moins exposés qu’avant aux soupçons et à la crise de confiance du public. Pour y faire face, voici quelques conseils de Mollie Muchna, en charge de l’engagement à l’Arizona Daily Star et membre de l’équipe de TrustingNews.

Même si cela paraît évident, dites pourquoi les informations que vous partagez sont importantes et surtout utiles. Expliquez brièvement ce qui vous anime dans la couverture de l’épidémie, pourquoi pas sous la forme d’un encadré ajouté à chaque article. Expliquez également les conditions de travail au sein de votre équipe, détaillez les difficultés de recueil et de recoupement des informations.  

Enfin, soyez prêts à expliquer quels profits vous tirez de la couverture de l’épidémie en terme d’audience, et pas seulement ce que vous coûte la désorganisation de votre journal. 

 4   Le défi éditorial de rédactions dispersées, face à la pénurie d'actu


Les médias les plus impactés par le confinement sont ceux qui couvrent habituellement le sport ou les sorties. A New-York, le magazine de loisirs urbains TimeOut a suspendu son édition locale de Brooklyn, et s’est rebaptisé provisoirement “TimeIn”, proposant des idées d’activités culturelles à domicile.

Quitte à voire sa rédaction dispersée et confinée, autant le montrer. Les journalistes ont multiplié sur Twitter ou Instagram les clins d’oeils à leur nouveau poste de travail, entre le canapé familial et une boîte de Legos. Mais il est possible d’aller plus loin en restant intéressant : en Lombardie, le pure player Varese News diffuse sur Facebook Live sa conférence de rédaction quotidienne, qui réunit à distance ses journalistes locaux confinés, comme autant d’envoyés spéciaux dans les quartiers.

A l’heure du confinement, l’intimité des foyers est propulsée au rang de sujet d’actualité, donnant naissance à de nouvelles “verticales”, à l’image du Podcast de Ouest-France “Comme à la maison”. Et les journalistes sont prêts à donner de leur temps pour occuper les enfants, comme à Houston, où l’on lit volontiers des histoires pour les petits sur l’antenne de la télé locale KPRC2.

 5   Comme un retour en grâce de l’info pratique
 

Les médias de collectivités recentrent leurs efforts sur l’info utile au quotidien, avec des guides en ligne comme celui de la ville de Saint-Nazaire. A leur image, d'autres rédactions redonnent aux infos pratiques ses lettres de noblesse et le font savoir. La plupart des journaux de proximité ont eu la bonne idée d’insérer dans leur édition papier un ou plusieurs exemplaires vierges de l’attestation de déplacement dérogatoire (L’union-L’Ardenais, La Voix du Nord, La Montagne, Ouest-France…)

En Italie, nous raconte Hyperradio, "Radio Zona Rossa émet depuis l'une des villes les plus durement touchées par le virus, Codogno, et apporte aux auditeurs des conseils en matière de santé et un sentiment d'appartenance à la communauté. Une initiative particulièrement utile pour les auditeurs âgés qui se sentent encore plus seuls pendant la quarantaine et trouvent du réconfort à écouter la station de radio."

 EN BREF  


- Face à l’épidémie de Covid-19, les médias locaux veulent jouer un rôle actif dans les solidarités (La Revue des Médias)

- A local newsroom at the heart of Italy’s Covid-19 crisis (Wan-Ifra)

- Facebook annonce un million de dollars d’aides aux médias locaux nord-américains afin de couvrir les surcoûts engendrés par la couverture de la pandémie

- Le coronavirus, nouvelle épreuve pour l'industrie chancelante des médias américains (Offre Media)

- Les médias locaux indépendants américains s’unissent pour couvrir l’épidémie du Covid-19 (NiemanLab)

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SMILe est une newsletter éditée par Ouest Médialab, organisateur du Festival de l'info locale (FIL). Chaque semaine, nous partageons notre veille et passons en revue quelques projets inspirants pour les médias de proximité, en France et à l'étranger. N'hésitez pas à nous dire ce qui vous plaît et ce que nous pourrions améliorer. Et si vous avez un info, un lien ou un initiative intéressante à partager, faites-nous signe !

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