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Odyssée Argentique

Aux contreforts alpins 🏔️🥾

📍 Bellecombe-en-Bauge (73)
📅 47 jours depuis le départ
🥾 1 054 kilomètres depuis Tours
📓 124 pages de notes consignées dans mon cahier
📸 153 photographies capturées
📖 Glamorama (1998) de Bret Easton Ellis en lecture du moment
🔗 Plus de détails sur l'Odyssée Argentique
Enfin, l'heure de la pause a sonné. Vendredi, j'arrivai chez Paul pour une durée presque indéterminée, le temps de poser mon sac-à-dos, de reposer mes pieds, et de récupérer un peu du sommeil abandonné lors des dernières journées. Je suis parti le 7 mai, soit la coquette somme de 47 jours, l'équivalent de 1 054 kilomètres, 1 368 162 pas, 20 512 mètres de dénivelé positif, 29 bivouacs, 16 jours de météo exécrable, 6 douches et 6 morsures de tiques.
En début de semaine dernière, j'attaquai avec enthousiasme les contreforts alpins. Des paysages vallonnés, aux chemins abruptes et escarpés, parsemés de chênes, de buis, de sapins, d'une large quantité de fleurs aux natures variées, et rythmés par les cours d'eau nourris par les récentes précipitations du printemps tout juste terminé.
 
Quand je recherche un emplacement pour installer mon camp, je vagabonde certaines soirées autour des pistes de décollage des parapentistes. Mon regard attendri par le couchant guette alors ces véritables oiseaux humains, en quête de liberté lors d'un voyage éphémère. Au-delà des combes qui viennent creuser les crêtes des montagnes alentour, ils s'envolent et virevoltent au rythme des courants.
 
Malgré cette présence peu naturelle, la faune n'en est pas moins présente. En journée, je parcours des yeux l'azur qui au-dessus de ces terres remuées par des millénaires de mouvements tectoniques devient un immense terrain de jeux pour les buses, milans et aigles royaux. Au crépuscule, les cervidés s'attèlent à un long concours d'aboiements, fruit de farouches lamentations ou langoureuses séductions, je ne sais pas. Je suis juste assis là, à observer et écouter. "Amplement suffisant", pensé-je régulièrement.
Mais les contreforts alpins me rappellent aussi la générosité des montagnards. C'est la rencontre avec Agnès, fervente défenseur de l'écologie, dont le jardin regorge d'une variété infinie de fleurs, fruits et légumes. Alors accompagné de Géraud, nous souhaitions juste remplir nos gourdes asséchées. Nous restons finalement chez notre hôte le temps d'un dîner, d'une lessive, d'une douche, et de belles conversations sur le monde. Merci Agnès pour cet accueil. 
 
C'est aussi la rencontre de Vincent, ancien gérant de bistrot, récemment installé en Savoie, une terre qu'il juge plus "nature", plus proche de son "idéal de vie". Accompagné de Géraud toujours, nous lui demandions si un bivouac à l'orée de son jardin était possible. Nous restons finalement chez notre hôte le temps d'un apéro endiablé, d'une considérable dégustation de fromages et d'alcool local. Merci Vincent pour cette soirée.
Puis, vient le temps de la pause, du repos, du moment où les jambes cessent d'être outil de travail pour redevenir loisir. Une escapade du côté de Méribel, terre familiale de Paul. "Ça te branche de grimper dans une cabane suspendue entre les sapins" ? Planches de mélèzes sous le bras, Paul s'était lancé lors du premier confinement dans un projet cabane. Une large plateforme perchée à six mètres du sol, entre les branches des conifères qui habillent le versant est de la montagne de Cherferie. Il est dix-sept heures, nous enfourchons alors le quad agricole pour gagner la cabane construite entre les arbres à 1 600 mètres du niveau de la mer, plus six mètres du sol. Peu d'équipements, seules nos âmes d'enfants, une veste chaude, du poulet et du beaufort pour un barbecue d'altitude. 
 
Au fil de la soirée, nous nous perdons dans une immense palette de vert, claire, sombre, harmonieuse, reflet de la végétation luxuriante d'ici. Au loin, Paul me pointe du doigt les sommets du Grand Bec (3 399 mètres), de la Pointe du Vallonet (3 372 mètres), ou des Aiguilles de Péclet (3 561 mètres) et de Polset (3 528 mètres). Puis au crépuscule, alors que notre feu fait grésiller le blanc du poulet déposé sur une ardoise brûlante, les moustiques se joignent à nous. À nos jambes tout particulièrement. Vingt-et-une heures, il est temps de rentrer.
Le lendemain, nous décidons d'une Via Ferrata dans le cadre idyllique du lac de la Rosière, aux eaux turquoises et aux raides pentes mêlant schistes et pins. Deux heures à accrocher et décrocher nos mousquetons le long des paroies jonchées de tiges filetées et câbles suspendus. Une autre manière d'arpenter les Alpes finalement. Bien loin des longues marches endurantes, mais non moins poétiques.
Je vais reprendre la route en courant de semaine, direction la Suisse cette fois-ci. À presque 150 kilomètres de la frontière helvète, il me tarde d'entrer d'un grand pas dans le cœur des Alpes, terrain aussi rude qu'il est élevé. Au regard des neiges récemment tombées, je me suis équipé de crampons pour le passage et des derniers névés. J'ai aussi changé mes bâtons qui avaient fini par casser. Et pour ceux qui s'interrogent à propos de la situation sanitaire, j'ai reçu ma seconde injection à Annecy. Je capte désormais la 5G et devrais pouvoir passer les frontières sans encombre.
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