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Odyssée Argentique

Ôde aux compagnons 🏔️🚶

📍Suld (Suisse)
📅 70 jours depuis le départ
🥾 1 422 kilomètres depuis Tours
📓 252 pages de notes consignées dans mon cahier
📸 216 photographies capturées
📖 L'île Mystérieuse (1875) de Jules Verne en lecture du moment
🔗 Plus de détails sur l'Odyssée Argentique
📮 Les autres extraits du journal de bord
Je traverse des soirs où je me contenterais volontiers d'un joint d'herbe, d'une tisane à la verveine, d'un dessin animé Pixar, et d'une âme à chérir. Je traverse des soirs où la pluie battante rend mon mètre carré habitable intensément bruyant, où le vent qui hurle plie littéralement la tente en deux, où le tonnerre qui déchire les airs résonne comme le grondement d'un dragon en furie et la foudre vrombit le sol comme un redoutable tremblement de terre. Au moment où je pose ces lignes, je suis confiné dans mon duvet, seule délicatesse dans ce monde déchaîné, à attendre que la tempête se dissipe pour oser sortir de mon antre afin de soulager ma vessie. Puis je pense aux dernières journées passées, aux rares mais irrésistibles rayons d'un soleil bien trop timide qui nous a ébloui de sa bienfaisance lors de nos derniers kilomètres et dénivelés.
J'emploie volontairement la première personne du pluriel puisque depuis la semaine dernière, je progresse en compagnie d'un nouveau compagnon. Antoine. À vingt-quatre ans, le jeune sudiste qui transporte au fond de son sac une mignonette de Ricard a décidé de rallier Marseille à Trieste en empruntant les sentiers de la Via Alpina. Il était pas loin de seize heures lorsque nous nous rencontrions au refuge de Salanfe, abri éphémère lors d'une tempête orageuse (encore une). "Tu passes le col de Susanfe pour descendre sur Martigny demain ?" lui demandai-je, songeur. Il acquiesça, nous nous mîmes alors en route.
Antoine est un garçon de la montagne. Ski l'hiver, randonnée l'été, il ne sépare jamais de ses bâtons qui lui servent au cours de ces deux activités. Habillé d'un short léger, de chaussures de trail et d'un sac-à-dos de 50 litres, il cherche un chemin qui n'est pas toujours balisé, qui peut-être lui apportera des réponses à des questions qu'il ne s'est pas encore posées.

Mais qu'importe, aujourd'hui il devient un véritable compagnon, un cousin pèlerin, un frère d'armes. Ensemble, nous combattons tels de vénérables chevaliers dénivelés titanesques, cols embrumés, plateaux inondées, combes enneigées, tempêtes de vent, grêle et orage. Parce que les Alpes suisses ne sont pas de tout repos, disposer d'une personne sur qui compter dans les épisodes compliqués s'offre comme une honorable opportunité.
Lors de mon pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, je rencontrai un voyageur de grand chemin à qui je posai une question. "De tous tes voyages, quel est ton meilleur souvenir " ? Sous son épaisse chevelure poivre et sel, je me souviens de son regard amusé et malicieux, un regard qui témoigne de la confiance d'un protagoniste en ses propos. Il prêta peu de temps à la réflexion avant de m'indiquer sa réponse. "Mes plus agréables souvenirs sont les souvenirs que j'ai partagé avec quelqu'un".

Je ne dispose pas de fidèle compagnon de route. Je sais qu'Antoine ne sera, à l'image de Géraud et d'autres, qu'une étoile filante dans ce firmament des rencontres. Mais rassurons-nous, je ne crains pas la solitude pour de multiples raisons que seul mon esprit et mes cahiers connaissent. Puisque les notes que je consigne me permettent de garder en mémoire rencontres, expériences et sentiments, et d'ainsi devenir dans leur ensemble un excellent compagnon de route.

Mais au passage du col de Salanfe, lorsque le brouillard nous prend de revers et que la visibilité devient nulle, je comprends enfin les propos du voyageur des chemins de Compostelle. Parce qu'en compagnie d'Antoine, mes souvenirs prennent une toute autre tournure. Partagés, ils n'ont alors plus la même signification.

Il est vingt-trois heures et je ne compte qu'un demi mississipi entre la lueur de l'éclair et le grondement du tonnerre. Le vent poursuit ses hurlement et la tente demeure pliée en deux. De fines gouttelettes pénètrent les coutures de ma toile de nylon pour se déposer délicatement sur mon duvet déjà imbibé de cette humidité sans limite. Ma vessie est toujours pleine. Et quand je m'égosille à travers les éléments pour demander à Antoine s'il sent le sol vibrer, il me répond que oui. J'imagine que demain sera un jour meilleur.
Des commentaires, réactions, questions, n'hésitez pas à répondre à ce mail. Et pour ceux qui désirent suivre mon trajet en temps presque réel, cliquez ici. Autrement, à bientôt !
PS. Vous comprendrez que la photographie lors des épisodes météorologiques scabreux reste une discipline compliquée. La poignée de clichés publiée ici a été capturé durant les brefs moments d'ensoleillement de la semaine. 
PS2. Nous nous sommes amusés à la prise dequelques portraits dans la semaine. Merci Antoine pour ces deux derniers clichés !

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Les photographies proposées sur le shop sont à l’état brut. Elles n’ont subi ni recadrage, ni retouche numérique. Elles sont développées et tirées par Germain Photographie sur un papier 310 g/m², 100 % coton. Tous les tirages sont signés et numérotés.

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