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Communiqué de presse / Reporters sans frontières
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L’information en exil
Radio Erena : une voix indépendante pour Érythrée

Alors que l’Erythrée s’apprête à célébrer les 24 ans de son indépendance, le 24 mai, Reporters sans frontières (RSF) lance une campagne pour promouvoir Radio Erena, seule radio d’information indépendante du pays.

RSF lance aujourd'hui une campagne de sensibilisation en anglais, arabe et tigrinya pour mettre en avant Radio Erena, l'unique radio érythréenne indépendante et apolitique. "Radio Erena ; une voix indépendante pour l'Erythrée" vise à faire connaître le travail de cette radio qui émet depuis Paris et peut être écoutée sur satellite, Internet et également grâce à un service téléphonique mobile, Call to Listen. Radio Erena fait entendre une voix indépendante et critique, qui détonne parfois même parmi les médias en exil, souvent affiliés à des groupes politiques.

La campagne

Un message sera diffusé en tigrinya et en arabe sur Radio Erena, rappelant l’indépendance de la radio à ses auditeurs. Une bannière sera publiée sur les réseaux sociaux et mis à disposition des médias. Le site d’informations indépendantes érythréen, Shekortet, mettra en avant la campagne en home page. 

“Au moment où l’Erythrée s’apprête à célébrer sa 24e année d’indépendance, il nous semblait important de mettre en avant Radio Erena qui fait entendre la seule voix indépendante et apolitique hors d’Erythrée, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Le régime d’Issayas Afeworki a volé son indépendance au peuple érythréen qui s’était pourtant chèrement battu pour l’obtenir. En soutenant Radio Erena, nous tentons de faire vivre cet esprit démocratique, à travers une information libre”.

L’équipe de Radio Erena

Ses journalistes, Biniam Simon, Amanuel Ghirmay et Fathi Osmane, sont des figures majeures de la dissidence érythréenne.

Biniam Simon, ancien présentateur vedette de la chaîne nationale érythréenne Eri TV pendant 14 ans, a trouvé refuge loin de la dictature de son pays en France en 2007 avec le soutien de RSF. Désireux de poursuivre sa mission d’information auprès de la population érythréenne totalement coupée du monde, Biniam a imaginé une radio en tigrinya qui serait diffusée depuis Paris. RSF lui a apporté son aide en trouvant des financements et des locaux. 

Amanuel Ghirmay a lui rejoint l’équipe de Radio Erena en 2010. Ce journaliste, nommé d’office à un poste à Eri TV à la fin de ses études de journalisme, a fini par refuser de se plier à la propagande imposée par le régime. Il a fui pour l’Ethiopie où il a vécu de longs mois dans un camp de réfugiés avant de finalement rejoindre la France. 

Fathi Osmane est le dernier journaliste à avoir rejoint l’équipe. Il a travaillé durant plusieurs années pour l’unique journal arabe Al Haditha au ministère de l’Information à Asmara, puis en tant que diplomate au ministère des Affaires étrangères où il a été envoyé en mission au Pakistan puis en Arabie saoudite. S’éloignant de plus en plus de la ligne fixée par le régime, il a été contraint de fuir. Il a rejoint Radio Erena début 2014. Depuis, il gère les programmes en arabe, diffusés deux fois par semaine.

La liberté de la presse en Érythrée

L’Érythrée est la plus grande prison d'Afrique pour les journalistes, et occupe depuis huit années consécutives la dernière place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

A Asmara comme dans le reste du pays, les seules sources d'information sont les journaux, les radios et la chaîne de télévision officiels. Même les journalistes travaillant pour un média d’État ne sont pas à l'abri de l'arbitraire du régime. En 2009, une radio du ministère de l'Education, Radio Bana s'est vue fermée manu militari et tous ses employés arrêtés. Treize d'entre eux ont passé près de cinq ans ans derrière les barreaux sans que jamais aucune charge ne leur soit signifiée. Tel est le sort réservé à ceux qui tentent de faire œuvre de journaliste dans ce pays.

Aujourd'hui, plus que jamais, la diffusion d'une information libre, neutre et indépendante est essentielle pour la population érythréenne dans le pays et pour les quelque milliers qui, chaque mois, bravent des dangers inimaginables pour fuir cette prison à ciel ouvert.


Cette situation perdure depuis septembre 2001, et les rafles du président Issayas Afeworki contre les opposants et les journalistes de la presse privée. Des onze journalistes arrêtés à l'époque, au moins sept sont morts en détention et on ignore le sort de quatre autres. En 2010, un câble WikiLeaks révèlait les conditions atroces de détention des journalistes et opposants au régime érythréen et notamment l’existence de cellules souterraines et de conteneurs métalliques installés en plein désert faisant office de prison.

Plus d'informations sur l'Erythrée
 

Informations pratiques :
Radio Erena : Fréquence 11678 Mhz avec polarisation verticale: SR 27500, FEC ¾
Site Web: http://erena.org/

Exile journalism
Radio Erena : independent voice for Eritrea

Reporters Without Borders is today launching a campaign to promote Radio Erena, Eritrea’s only independent and apolitical radio station. The campaign’s launch comes on the eve of the 24th anniversary of Eritrea’s independence from Ethiopia on 24 May.

With the slogan “Radio Erena, an independent voice for Eritrea,” the campaign is 
designed to increase awareness of this Paris-based radio station, which can be heard via satellite, on the Internet, and by Call to Listen mobile service. Radio Erena speaks with an independent and critical voice, one that often even disagrees with other Eritrean exile media, most of which are affiliated to political groups.
Campaign details

The campaign has two elements. A message will be broadcast in Tigrinya and Arabic on Radio Erena itself, reminding listeners of its independence. At the same time, a campaign visual will be displayed on the independent Eritrean news website Shekortet and on international websites such as the site of the German daily Bild, which was one of the first news organizations to give the campaign its support.

“As Eritrea prepares to celebrate the 24th anniversary of its independence, we thought it was important to spotlight Radio Erena, the only independent and apolitical Eritrean voice making itself heard outside Eritrea,” Reporters Without Borders secretary-general Christophe Deloire said.“President Issayas Afeworki has stolen the independence that the Eritrean people fought so long and hard to obtain. By supporting Radio Erena, we are trying to breathe life into that democratic spirit by means of freely reported news and information.”

 

Radio Erena’s staff

Radio Erena’s journalists, Biniam Simon, Amanuel Ghirmay and Fathi Osmaneare all leading Eritrean dissidents.

Simon was an anchor on Eri TV, the national television station, for 14 years. With support from Reporters Without Borders, he found refuge in France, far from his country’s dictatorship, in 2007. He then came up with the idea of a Paris-based, Tigrinya-language radio station that would provide news and information to the Eritrean people, who are completely cut off from the rest of the world. Reporters Without Borders helped him to raise the necessary funding and find premises.

Ghirmay jointed him at Radio Erena in 2010. He had been assigned to work at Eri TV after completing his journalism studies, but he ended up objecting to the propaganda role that the regime imposes on its media and he fled to Ethiopia, where he spent many months in a refugee camp before finally getting to France.

Osmane is the latest addition. He worked for several years in Asmara for Al Hadithathe information ministry’s only Arabic-language newspaper, and then as a diplomat for the foreign ministry, which sent him to Pakistan and then to Saudi Arabia. After becoming more and more disenchanted with the official line, he finally fled and joined Radio Erena in early 2014, presenting the Arabic-language programmes that are broadcast twice a week.

 
Media freedom in Eritrea

Africa’s biggest prison for journalists, Eritrea has been ranked last in the Reporters Without Borders press freedom index for the past eight years.

The state-owned newspapers, radio stations and TV stations are the only sources of news throughout the country and no journalists, not even those working for state media, are safe from the dictatorial regime. 

An education ministry radio station, Radio Bana, was forcibly closed in 2009 and all of its employees were arrested. Thirteen of them spent nearly five years in prison without ever being told of any charge. Such is the fate for anyone trying to do real journalism. 

There is a greater need than ever for freely reported, objective and independent news and information to be broadcast to the Eritrean population in Eritrea and to the thousands who risk unimaginable dangers to flee this vast open prison every month.


This situation has endured since September 2001, when President Afeworki rounded up opponents and journalists working for privately-owned media. Of the 11 journalists arrested at that time, at least seven have died in the detention. The fare of the other four is not known.

In 2010, a WikiLeaks cable drew attention to the appalling conditions in which journalists and government opponents are detained, and the fact that prisoners are often held in underground cells or shipping containers in the middle of the desert.

More information about Eritrea
 
Radio Erena key facts:
 Frequency: 11678 Mhz with vertical polarization: SR 27500, FEC ¾

Website:
http://erena.org/
Contact presse : Anne-Charlotte Chéron / presse@rsf.org /  01 44 83 84 56 / 07 82 37 23 12
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