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Invitation au vernissage de l'exposition "lost memories" de Luc Ewen

Galerie Vrais Rêves

6 RUE DUMENGE
69004 - LYON (France)
TEL +33 (0)4 78 30 65 42
+33 (0)6 08 06 94 34
 

presents

lost memories

de LUC EWEN

For three month, Galerie Vrais Rèves is proud and excited to display "lost memories" of the work of Luc Ewen

Vernissage: samedi, le 11 janvier 2014
à partir de 15.00 heures

Ouvert du mercredi au samedi, de 15h à 19h, ou sur rendez-vous
.
Accès : métro ligne C, arrêt Croix-Rousse.


La cire, c'est la petite madeleine de Luc Ewen,  photographe à la recherche du temps perdu.

Contrairement à la madeleine la cire n'est pas soluble dans l'eau, ce qui ne l'empêche pas d'agir sur le pouvoir de la mémoire instinctive, de prendre appui sur le présent pour remonter le cours du temps.
Et voici donc Luc Ewen - né au Luxembourg en 1959 – en prise avec une amnésie élémentaire, incapable de donner date et sens aux nombreuses images de ses archives personnelles. « A ma grande surprise, j'ai pu découvrir des images dont je n'ai gardé aucune mémoire et d'autres que je croyais bien connaître mais dont la signification profonde se dérobait sans cesse ».

Dans la foulée d'un premier tri – un choix intuitif comme d'autres parlent de l'écriture ou de la peinture automatique, à  la manière d'un Henri Michaux sous mescaline : « J'écris pour me parcourir » - Luc Ewen sélectionne 150 négatifs censés composer « une somme métaphorique de sa vie ». Et comme « les images restent muettes », il s'enferme dans son laboratoire : adepte des métamorphoses (tiens, Kafka!), soucieux de gratter sous les apparences, intrigué par « l'autre coté du miroir » (bonjour Lewis Carol), féru de grimoire et de vertu alchimique, il convoque une matière : la cire. Celle de la céroplastie, des  prothésistes, celle qui épaissit, qui lisse, qui protège. L'expérimentation devient un rituel qui, au final, crée rien de moins qu'un masque sur chaque négatif, un masque de cire.

Les formes prolifèrent. Les contenus se déforment, touchés par un « brouillard corrodant » ou par des grappes de bulles, celles du phylactère, celles du noyé aussi. Paradoxalement le masque démasque. Des 30 ans ainsi balayés en une quarantaine de photographies se dégage une même obsession tendue par un goût du sujet insolite, isolé parce qu'unique, qui se dérobe à l'oeil pressé mais qui est en même temps un paramètre fondateur du paysage immémorial. Rien d'étonnant dès lors à ce que les motifs récurrents soient l'échelle, les pierres et l'eau – oui mais quand eau il y a, elle est trouble, et quand bateau il y a, il est suspendu dans la grisaille. L'absurde n'est pas loin dans l'oeuvre de Luc Ewen où règne un climat symbolique wagnérien voire même une couleur cinématographique proche de Ken Loach. 

D'après un texte du Marie-Anne Lorgé de décembre 2009.

 

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