Copy
Corpuscule - Édition spéciale : Théâtre communautaire
Août 2013

 


Édition spéciale: Théâtre communautaire

Dans ce bulletin : 
  • Mot de Marie-Thérèse Landry, directrice générale
  • Du théâtre, parait-il ! Marie-Thérèse Landry
  • 15 ième festival de théâtre communautaire, Manolita de Lizarraga, vice-présidente de Miquelon Culture Patrimoine
  • Mot du président d'honneur de la 15 iéme édition du FTCA, Raymond Breau
  • La langue et le théâtre, Philippe Beaulieu
  • Toujours d'actualité, Gaëtane Dupont-Levesque
  • Une rencontre déterminante pour le milieu culturel communautaire
  • Exercices de théâtre
  • Quelques pistes d'échange et de solution, les commentaires des participants et participantes.
  • Période d'échanges
  • Avenues de développement, Philippe Beaulieu
  • Répéter sans bafouiller!
  • Horaires
Mot de la directrice générale

 
Chers, lecteurs et lectrices,

L'été tire à sa fin, à moins d'un an de la prochaine édition du Congrès mondial acadien où nous réaliserons pour la première fois une édition internationale du festival de théâtre communautaire en Acadie axée sur la participation et la découverte. Nous profitons donc de ce moment pour relancer notre Corpuscule en mode webzine. 
 
Pour marquer ce changement, nous vous proposons un numéro spécial thématique dédié au théâtre.
Nous espérons que cette nouvelle formule saura vous plaire ! Nous ne délaissons pas pour autant l'ancienne formule mais laissons simplement de côté l'édition papier. Économie de temps, de ressources et d'argent sont à la source de cette nouvelle orientation. J'en profite donc pour  vous présenter notre Agente de communications, Mélanie Haché, qui sera responsable de ce dossier au cours de la prochaine année.
 
Nous serons heureuses de recueillir vos commentaires, mais entretemps, nous vous souhaitons une bonne lecture !

Marie-Thérèse Landry
Directrice générale
                                                                                                                                          

Du théâtre, parait-il !

Marie-Thérèse Landry


Il est difficile de définir très clairement la distinction entre théâtre communautaire et théâtre amateur… À l’embauche du Conseil provincial des sociétés culturelles au Nouveau-Brunswick depuis maintenant 6 ans, la question m’est devenue prégnante puisque le phénomène est assez important pour justifier la mise en place d’un festival de théâtre communautaire en Acadie qui perdure depuis 15 ans maintenant. Et qui plus est, un festival international de théâtre communautaire en Acadie verra le jour en marge du Congrès mondial acadien en 2014.
 
Néanmoins, l’analyse que j’en fais me permet d’en tirer quelques références qui aideront à développer la  réflexion que j’aimerais susciter ici. Pour ce faire, je vais donc faire un saut du côté de l’histoire et revenir peu à peu vers  l’actualité pour étayer ma proposition.

Dès 1606, Le théâtre de Neptune, une pièce écrite par l’explorateur Marc Lescarbot, fut jouée à Port-Royal dans le bassin d’Annapolis. Si elle fut écrite par des Européens, elle fut jouée la première fois le 14 novembre 1606 en Nouvelle-France. Elle évoque le retour d’un voyage d’exploration vers le Cape Cod de Samuel de Champlain et de Jean de Poutraincourt. La forme proposée était l’embryon de la comédie musicale mais la musique ne semble pas avoir survécu aux années. Y figuraient notamment Mi’qmaqs et Acadiens et la représentation eut lieu sur l’eau. 

CONTEXTE 

Le théâtre communautaire en Acadie du Nouveau-Brunswick semble avoir la palme depuis quelques décennies. Il faut dire que depuis bientôt 50 ans, le Nouveau-Brunswick, tout comme le Canada quelques années plus tard,  s’est doté d’une loi qui lui confère le statut de ville bilingue au pays, la seule de ce type pour le moment. Les Acadiens sont donc reconnus comme peuple minoritaire sur le territoire et plusieurs programmes vont appuyer la conduite d’activités qui favorisent l’expression en français. Le théâtre, comme la chanson,  devient ainsi le véhicule identitaire par excellence qui sert à exprimer la fierté acadienne.  Cela se fait sur une base professionnelle mais cette effervescence rejaillira tôt ou tard sur la collectivité. C’est dans cet esprit qu’est né le Festival de théâtre communautaire en Acadie soutenu par le programme d’appui aux langues officielles du gouvernement canadien et qui permet à une vingtaine de troupes de se produire devant public et parmi leurs pairs.
 
LE SENS DE LA COMMUNAUTÉ, DE LA COLLECTIVITÉ

Ainsi, le théâtre communautaire offre l’opportunité à des francophones de se dire collectivement dans la langue de leur choix, celle de leurs ancêtres mais surtout celle de tous les jours. S’exprimer en français dans un contexte où l’anglais est la langue de la domination tient du défi. Ainsi à partir de la fin du XIXe siècle, plusieurs pièces de théâtre sont montées par les professeurs et étudiants du Collège Saint-Joseph de Memramcook qui offrent les représentations dans le magnifique Monument Lefebvre, une salle de spectacle pouvant accueillir plus de 300 personnes. Cette époque marque le début de la renaissance acadienne (la première convention acadienne eut lieu en 1881 à Memramcook)  ou l’identité collective se renforce au contact des leaders patriotiques où l’on se définit comme Acadiens.  Les œuvres présentées proviennent du répertoire classique  de France. Et pourtant, il faut attendre plusieurs générations après pour qu’à partir des années ’60, les œuvres produites par des Acadiens ou en Acadie commencent à faire légion :

Pour n’en citer que quelques unes, notons Les Crasseux d’Antonine Maillet produite en 1968 qui est considérée comme marquant le début du théâtre acadien, et celles écrites par Herménégilde Chiasson. Ces auteurs font en sorte que la dramaturgie acadienne se développe.  Sur le plan de l’interprétation, certains comédiens amateurs, dont le talent respire au même rythme que le jeu, commencent à se démarquer.  C’est ainsi que naissent la troupe des Feux chalins et Le théâtre amateur de Moncton, héritière de la compagnie fondée par Lauri Henry en 1956, la troupe Notre-Dame de Grâce de Moncton considérée comme première véritable compagnie de théâtre en Acadie du Nouveau-Brunswick.
 
Les textes d’Antonine Maillet, dont celui de La Sagouine,  seront interprétés par une comédienne hors-du-commun, Viola Léger, qui a transposé le personnage pendant plus de 40 ans, donnant à son auteur sa réputation internationale.
 
Cette brève incursion dans l’histoire cherche à montrer comment lorsqu’on descend aux racines, on peut trouver ce qui nourrit le besoin d’exprimer publiquement dans une langue appropriée,  l’espace qu’occupent les préoccupations  d’un peuple qui se traduisent ici par des thèmes récurrents.
C’est dans cet esprit qu’est né le théâtre communautaire qui se distingue, à mon avis du théâtre amateur. 
 
Le théâtre communautaire repose sur :
·      La réappropriation de la langue d’origine, sur la place publique.
·      La nature des messages, miroir de la collectivité.
·      La persistance de thèmes récurrents : résistance ou résilience ?
·      Le nombre de figurants et d’artisans impliqués.
·      La valorisation de talents locaux.
·      La perception de la thématique abordée et son rapport à la réalité.
·      Le jeu est orienté en fonction des qualités de l’acteur
·      Le regroupement de personnes qui s’intéressent au message et aux                             préoccupations qu’il soulève.
·      Démarche identitaire collective
 
Alors que le théâtre amateur est plutôt axé sur :
·      Un intérêt pour la discipline
·      La recherche d’une certaine qualité de textes et/ou d’intrigue.
·      La perception de la thématique abordée et son rapport à la réalité.
·      Le jeu est orienté en fonction des capacités de l’acteur.
·      L’accent est mis sur le désir de regroupement autour du théâtre.
·      Démarche individuelle et collective
 
C’est dans l’esprit de rassembler les intérêts des Acadiens des communautés francophones du Nouveau-Brunswick que le Conseil provincial des sociétés culturelles  a instauré le festival de théâtre communautaire en Acadie il y a maintenant 15 ans. Sa mission est à la fois communautaire et identitaire, c’est-à-dire que les membres de la troupe et le public ont l’occasion de rencontrer des personnes ressources professionnelles et peuvent participer aux discussions qui animent leur regroupement. Cette initiative est financée partiellement par le gouvernement canadien et par celui de la province.
 
Le festival constitue une belle opportunité de briser l’isolement et de partager des points de vue avec différents acteurs du milieu théâtral, comédiens amateurs et professionnels, régisseur et techniciens, organisateurs, spectateurs. Bref, les liens possibles sont inépuisables!
 
S’il met davantage à l’avant-plan les amateurs de théâtre, certaines des troupes participantes optent pour des créations et travaillent leur production compte-tenu des qualités et des défis des acteurs. C’est le cas par exemple de la troupe Les femmes de cœur de Bouctouche, de la troupe L’Acadiemie de Beresford et de la troupe Laval Goupil de Caraquet.  De façon ponctuelle, certaines troupes vont s’adonner à monter des œuvres de dramaturges acadiens mais ici, l’exception confirme la règle.
 
En nous appuyant sur la comparaison entre les deux formes de théâtre et surtout sur les points de convergence entre celles-ci, nous fûmes tentées de lorgner du côté du théâtre citoyen, là où la pratique professionnelle permet aux adeptes de la discipline de développer une complicité avec le milieu théâtral et la collectivité.  Effectivement, nous pensons que le théâtre peut servir certaines causes en catalysant le discours et la pratique autour des préoccupations de l’auditoire. C’est précisément ce que fait le théâtre citoyen comme plusieurs autres nouvelles formes de théâtre par ailleurs.
 
L’occasion est donc belle maintenant pour nous de revoir, à la lumière d’une édition internationale et des résultats qu’elle nous livrera, ce que les autres régions, provinces, pays ont à nous soumettre afin de réorienter nos propres objectifs de façon à satisfaire un plus grand nombre et à développer une approche qui soit à la fois inclusive et qui mise sur la qualité.
 
Voilà, finalement, l’esprit dans lequel nous allons continuer notre action, à l’écoute de la collectivité mais en ouverture sur le monde, conscients que la richesse des expressions qui en découlent peut contribuer à sensibiliser, à conscientiser l’auditoire, voire  à améliorer le sort de ceux et celles qui portent l’œuvre sur la place publique, là où le théâtre est né, il y a de cela plusieurs siècles…

                    
          Dessin de Charles Williams Jefferys, Le théâtre de Neptune en 1606, ANC

15 ième festival de théâtre communautaire

 

Monalita de Lizarraga, vice-présidente de Miquelon Culture Patrimoine nous fait part de son expérience au festival de théâtre communautaire.


Depuis 2004, notre coopération avec la Société Nationale de l’ Acadie (SNA) et notre partenariat avec le Conseil Provincial des Sociétés Culturelles (CPSC), nous a permis des échanges culturels enrichissants. Au fil du temps et de nos rencontres, notre collaboration s’intensifie, des liens culturels et amicaux se tissent.

Du 10 au 12 Mai, nous avons eu l’honneur et le plaisir de représenter l’association Miquelon Culture Patrimoine au 15e Festival de Théâtre Communautaire à Néguac, où sept troupes de théâtre se sont succédées sur les planches.

Au cours de ces trois jours, Jo s’est fait un plaisir de suivre les spectacles et activités, le résultat de sa participation est en images et restera pour les souvenirs de chacun. Les différentes tâches que j’avais à effectuer ont été captivantes. Cette participation m’a permis de découvrir et réaliser des activités que je n’aurai jamais imaginé accomplir un jour.
 
Au cours de cette fin de semaine, riche en émotions, nous avons reçu un accueil chaleureux,  rencontré plusieurs personnalités, des comédiens amateurs talentueux, des bénévoles, efficaces, tous heureux de se rencontrer pour une même passion. Les acteurs de cette manifestation peuvent être satisfaits du déroulement et de l’ampleur que ce Festival prend au fil des années. Que ce soit les représentations théâtrales, les ateliers, les activités en général, tout est bien orchestré, les petits problèmes sont vite résolus dans la bonne humeur. Le programme se complète avec la soirée sociale qui permet de décompresser en toute convivialité.
 
Je souhaite, que ce partenariat et ces échanges avec l’association Miquelon Culture Patrimoine continuent, se développent, permettent à nos communautés respectives de progresser dans leurs démarches artistiques et culturelles. Qu’elles puissent s’apporter, s’échanger leurs compétences. L’essentiel est de rester solidaire.
A tous, un grand bravo pour votre travail, votre dynamisme, votre volonté de présenter des spectacles de qualité et de conserver une langue française bien vivante dans vos communautés. II est important d’entretenir la créativité, l’imagination, les créations méritent d’être soutenues pour apporter toujours un plus,  notamment, dans le domaine historique. Le théâtre est une forme d’expression intéressante qui traverse les époques, les genres sont multiples, nous séduisent, nous captivent. Cet art de la scène incontournable, nous rassemble, nous permet d’étendre notre horizon culturel.

Merci aux organismes, l’APECA, la SNA, le CPSC, la Société Culturelle Nigawouek et MCP, qui nous ont permis de suivre ce Festival de Théâtre Communautaire, de travailler avec vous tous, de partager un peu de nos compétences. Merci à Marie-Thérèse Landry, directrice générale du CPSC, de nous avoir fait confiance et sollicité pour ce travail. A l’année prochaine, nous l’espérons fortement, pour le 16e Festival en marge du Congrès Mondial Acadien qui nous donnera l’occasion de coopérer pour de nouveaux échanges et défis. Notre participation active à ce congrès, sera en quelque sorte une concrétisation du travail initié depuis un certain nombre d’années par les acteurs de notre partenariat. Nous souhaitons que nos objectifs culturels communs perdurent et se développent.
 
Manolita de Lizarraga
Vice-présidente de MCP

        La Troupe Trémolo de St-jean, gagnante du 15ième festival de théâtre                             communautaire, en compagnie de Marie-Thérèse Landry (à gauche).

Mot du président d'honneur de la 15 ième édition du FTCA, Raymond Breau

Quel beau voyage à Néguac où avait lieu Le festival du théâtre communautaire en Acadie. Le mauvais temps était de notre bord -les salles étaient combles- mais surtout le talent venu des quatre coins de l'Acadie. J'ai été honoré mais surtout ébloui.
Bravo à tous les organisateurs et longue vie à cette fenêtre sur une Acadie trop peu connue.
 
(« Participer à une pièce de théâtre, c’est écouter pour mieux s’entendre. » (Le bonheur est multiple). Les arts sont connexes et le théâtre, un des plus anciens, est associé autant à la littérature qu’au cinéma. Et comme de raison , je m’y suis commis quand j’étais étudiant au collège, mais aussi dans mon campeur où j’ai écrit ma première pièce, Les renards de la rivière, quelque part dans l’autre siècle. Revenir au théâtre par le biais de cette présidence d’honneur du FTCA-2013 est plus qu’un simple honneur pour moi. C’est un plaisir que me permet de plonger un peu plus dans le cœur d’une Acadie créative, confiante dans son talent et fière de sa langue.) 
Troupe Laval Goupil de Caraquet
La langue et le théâtre

Certains disent qu’il faut avoir la langue bien tournée pour jouer au théâtre.

D’autres disent qu’il faut tourner sa langue 7 fois avant de parler… mais tous conviennent pour dire qu’au théâtre faut parler quand vient le temps…

Quoi qu’il en soit, la langue est un élément important au théâtre. Oui, tourner 7 fois sa langue avant de dire une réplique pendant les répétitions peut aider à la compréhension du texte.

Mais saviez vous que tourner sa langue 20 fois dans un sens et 20 fois dans l’autre sens, la bouche fermée, est fort utile pour réchauffer les cordes vocales…

En autres mots, au théâtre on ne se tourne pas les pouces, mais la langue.

Bonne tournée dans les deux sens…

Philippe Beaulieu
 

Toujours d'actualité

Un texte de Gaëtane Dupont-Levesque


Depuis des centaines pour ne pas dire des milliers d’années, les arts, sous toutes leurs formes, ont informé sinon éduqué le peuple. Si vous pensez aux ménestrels qui se promenaient de village en village racontant la vie des monarques et des autres seigneurs, dénonçant même parfois la fraude et la mauvaise gestion de l’argent réclamé en taxes des contribuables. Puis à la révolution française, plusieurs ont perdu la tête à cause d’écrits et de pièces jouées sur la place, amenant le peuple à réfléchir et à réagir sur des questions d’ordre public.De nos jours ce n’est guère différent, les artistes qui ont souvent une plus grande visibilité que les dirigeants eux-mêmes, peuvent faire pencher la balance du pouvoir. Prenons par exemple le Québec qui a failli, à plus de 49%, s’offrir une indépendance et cela grâce à la publicité gratuite des artistes qui pour la plupart proclamait haut et fort, un Québec libre.

 Donc il est certain que nous, les artistes, avons une influence sur les spectateurs mais surtout une responsabilité d’éducation, car si nous pouvons toucher nous pouvons aussi changer des préjugés. Nous pouvons et nous devons démontrer une ouverture d’esprit ou le public pourra s’identifier à nous, pourra se reconnaître en nous. Et de là l’essentiel de choisir nos productions, nos textes, nos mots pour que ceux-ci soit constructifs et fassent réfléchir et avancer la pensée et non destructifs et abaissants d’un ou de plusieurs groupes plus faibles de notre société.

 Les artistes devraient faire réfléchir les spectateurs et les faire rire mais sans  se servir de dérision pour arriver à ses fins. Avez-vous déjà pensé que les groupes touchés par votre humour abaissant sont présents dans la salle et en plus de vous écouter, entendent rire les autres qui semblent ainsi être en accord avec votre point de vue. Je crois que les artistes du Nouveau-Brunswick et plus particulièrement les troupes de théâtre communautaires devraient se donner un guide, une ligne idéale pour considérer le choix des textes, dignes de notre condition d’éducateur et de notre vouloir d’intégration sans dérision.
 
 Loin de moi l’idée de censure ce qui est l’ennemi des arts car en muselant les artistes et en les laissant répéter ce qui est décidé à l’avance, cela ruine l’éducation véritable. Mais une discussion ouverte des participants sur le sujet pourrait être profitable à tous et sensibiliser nos gens de théâtre au rôle que l’on joue dans nos communautés respectives. Est-ce ma carrière d’enseignante qui  m’amène à une telle réflexion? Peut-être, car me battant quotidiennement contre le manque de respect des différences, je vois certains choix de textes comme un recul. Je crois aussi que l’on peut faire avancer la réflexion populaire par l’exemple contraire mais pas par la dérision des minorités.

 Le théâtre communautaire a fait des pas de géant sur le plan de la production, maintenant nous pourrions réfléchir à notre impact sur la communauté.
 Ce texte représente mon idée personnelle et non celle de ma troupe de théâtre qui en a pris connaissance et avec qui j’ai réfléchi à haute voix….
 
Gaëtane Dupont-Levesque
Laboratoire2
Laboratoire1
Sylvio Allain, Maxime Gauvin et France Levesque présents à la journée laboratoire du théâtre citoyen
Laboratoire du théâtre citoyen
Angèle
Anika et Angèle
 Isabelle Astier partage son expérience à Miquelon
Anika Lirette du Théâtre Alacenne et Angèle Séguin du Théâtre des Petites Lanternes 

Une rencontre déterminante pour le milieu culturel communautaire


Plus d’une trentaine de personnes étaient réunies le 12 janvier 2013 à l’invitation du Conseil provincial des sociétés culturelles (CPSC) en collaboration avec le Théâtre des Petites Lanternes de Sherbrooke et le Théâtre Alacenne de Moncton qui organisaient une journée laboratoire portant sur le théâtre citoyen, à la salle Empress du Théâtre Capitol à Moncton.

Le programme de cette journée fut magnifié par d’excellentes  présentations d’Angèle Séguin du théâtre des Petites
 Lanternes de Sherbrooke et d’Anika Lirette du théâtre Alacenne. Un panel d’intervenants du milieu communautaire
composé de Sylvio Allain, enseignant en théâtre retraité et mentor, de Claudette Deguire, directrice de la Troupe
Les Alentours de Tracadie-Sheila ainsi que de Léonard Larocque, comédien et metteur en scène de Shippagan fut animé avec véhémence par Philippe Beaulieu, suscitant des débats fort intéressants  et prolongeant la réflexion.

Effectivement,  plusieurs représentants des sociétés culturelles, des troupes de théâtre communautaire, plusieurs professionnels du théâtre ainsi que des représentants d’Arts-NB, (le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick), ont pu apprécier l’approche suggérée qui initie un dialogue entre l’artiste et la collectivité en favorisant l’engagement de l’un envers l’autre. En après-midi, Isabelle Astier, chercheure en théâtre professionnel originaire de Paris et intervenante en théâtre auprès de la communauté de Miquelon dans l’archipel français a présenté les points de force d’une expérience qu’elle renouvèle depuis plus de 10 ans avec cette communauté insulaire.   Cette dernière présentation a suscité de vifs intérêts chez les participants et participantes.

La rencontre entre milieu professionnel et communautaire s’est donc produite, selon les attentes de la directrice générale du CPSC, Marie-Thérèse Landry, qui misait sur cette journée pour poursuivre la réflexion sur la médiation culturelle dans laquelle s’inscrit le théâtre citoyen. L’expérience devrait donc se poursuivre au cours des prochains mois afin d’aller plus avant dans cette direction.

Cette initiative est le fruit d’une concertation entre différents intervenants du milieu culturel professionnel et communautaire avec l’appui des intervenants des ministères et organismes fédéraux et provinciaux concernés.

 

Quelques pistes d'échange et de solution

Les commentaires des participants et des participantes


Sylvio Allain:
  • Le FTCA permet de voir beaucoup de spectacles. 
Maxime Gauvin (District scolaire francophone sud):
  • Les défis écoles et théâtre communautaire se rejoignent.
  • Éveiller les potentiels.
  • Aller puiser les expertises chez les gens qui sont sur place.
Ghislaine Foulem :
  • Le théâtre est un bon moyen d’ouvrir l’école sur la communauté.
  • Permettre aux jeunes de prendre la parole.
  • Travail sur l’estime de soi
  • Les gens veulent se retrouver.
  • La force du théâtre communautaire : il va là où sont les communautés.
  • Pourquoi il y a un engouement face au théâtre communautaire?  Et un désistement des salles au niveau professionnel? Que les professionnels se questionnent là-dessus.
  • Rejoindre les communautés.
Julie Payé :
  • Estime de soi par rapport à la communauté
  • Se positionner dans la communauté, prendre sa place.
  • La découverte de soi
  • Rôle du théâtre communautaire : éduquer sa communauté envers le théâtre professionnel.
Anika Lirette :
  • Solution aux problèmes du théâtre communautaire : implication des professionnels, engager des artistes professionnels pour les aider.
  • Les troupes de théâtre communautaire sont essentielles : représentent les communautés.
Philippe Beaulieu :
  • Théâtre communautaire, on (artistes professionnels) a tous commencé là.
Marie-Thérèse Landry :
  • Théâtre communautaire : facteur d’inclusion sociale.
  • Intégration des nouveaux arrivants.
  • Le Théâtre, Art de réunir les gens (sur la scène et dans la salle).
  • Rôle des sociétés culturelles : de pousser cela.
  • Nous enrichit comme humains et comme citoyens.
Jocelyne Thériault :
  • Que les troupes et compagnies de théâtre professionnelles appuient les troupes communautaires. Celles-ci amèneront du public au théâtre professionnel.
  • Le public du théâtre communautaire ne va pas présentement au théâtre professionnel.
Vicky Thériault :
  • Aimer n’est pas nécessairement relié à comédie (les gens des communautés aiment aussi d’autres formes de théâtre)
Claudette Deguire:
  • À la fin de la pièce, rencontre entre le public et les gens de théâtre : ça contribue à l’éducation.
France Levesque:
  • Le théâtre, pour l’apprécier, il faut une ouverture d’esprit.
  • Rencontres sur la création : avant ou après la pièce de théâtre.
  • Différence entre communautaire et professionnel : Tenir compte des attentes du public.
Isabelle Astier:
  • Le répertoire pour rejoindre le public : amener le répertoire en touchant l’identité culturelle, l’appartenance.
  • Recherche de liens.
  • Répertoire contemporain : trouver les points de rencontre. 
  • Le théâtre est un outil de communication, de valorisation et d'expression.

Annie Thériault, Katherine Kilfoil et                     Justin Gauvin, artiste multidiciplinaire
Ghislaine Foulem
Présentation de Angèle Séguin, Théâtre            Philippe Beaulieu, Anika Lirette et           des Petites Lanternes                                           Angèle Séguin

Période d'échanges


Théâtre communautaire et Théâtre professionnel
 
Philippe Beaulieu :
Parler de créateur plutôt que professionnels et amateurs. La majorité des professionnels ont commencé avec le théâtre communautaire.
 
Anika Lirette :
Explication d’une des raisons de ce fossé, ou de ces craintes : la bataille pour le statut de l’artiste professionnel, qui se fait depuis un bout de temps.
 

Vision et Défis


Sylvio Allain:
  • Vision du Théâtre : Unificateur des gens et des médiums artistiques.
  • Rôle catalyseur du théâtre : Outil de fierté.
  • Le théâtre communautaire : pouls de la société.
  • La « récréation » de la communauté.
  • Le public du théâtre communautaire n’est pas là pour critiquer.
  • Théâtre communautaire : tremplin pour le théâtre professionnel.
  • Outil d’identification culturelle.
  • Se parler entre professionnels et amateurs.
Claudette Deguire:
  • Le prix d’entrée (10-15-20$) plus accessible à la communauté.
  • Développe le sens critique.
  • Décrocher de ses problèmes.
  • Se dégêner et relever des défis.
Sylvio Allain :

Trouver :
  • La volonté communautaire
  • La pièce
  • Un horaire (le plus souvent le soir)
  • Les finances (budget, dépenses, etc.)
Claudette Deguire :
 
Plus grand défi :
  1. Trouver des pièces.
  2. Trouver des comédiens masculins.
  3. Trouver les gens qui s’occupent des aspects techniques, et les équipements.
  4. Location des salles.
  5. Entreposage des décors. 
Léonard Larocque et Claudette Deguire :
  • Demandent une rencontre entre les metteurs en scène.
  • Demander aux professionnels de venir conseiller la troupe amateur.
  • Axer cela sur un partage des expériences.
  • Le partage des expériences de chacun : un outil.
 
Angèle Séguin, Théâtre des Petites Lanternes à Sherbrooke
Tim Borlase et Pierrette Boudreau
Exercice de théâtre
 
Émotions

 

C’est un jeu d’improvisation dirigée avec deux participant.e.s.
 
Avant le début de chaque impro, l’animateur.trice choisira 5 émotions (colère, mépris, peur, courage, joie, etc.) Il ou elle propose ensuite une situation simple. (Un couple met les bagages dans une voiture avant de partir en voyage, un enfant amène un bulletin, etc.)
 
Les participant.e.s commencent leur improvisation. Tout en continuant l’action, l’animateur.trice désigne une à une les émotions choisies au départ et les participant.e.s doivent les intégrer dans l’improvisation de manière réaliste.
 
Lorsque les 5 émotions ont étés intégrées, les participant.e.s font une conclusion rapide à l’improvisation pour la terminer.
 
Remplir le silence
 
Tout les participant.e.s passent sur la scène l’un.e après l’autre. Un décor sommaire est placé pour suggérer une salle d’attente.
 
À tour de rôle, les participant.e.s entrent, seuls, attendent puis repartent.
 
Cet exercice permettra de faire comprendre aux participant.e.s l’importance de jouer, même si ils ou elles ne sont pas en train de parler. Les participant.e.s, malheureusement, ne « vivent » que lorsqu’ils ou elles sont en train de faire sortir les répliques. Donc, cet exercice peut être correctif à ce niveau.
 
L’entrevue des personnages
 
Un.e participant.e a 2 minutes pour se créer un personnage. Aussitôt qu’il ou elle se met à « habiter » son personnage, les autres participant.e.s du groupe l’interrogent sur tous les aspects de sa vie : son métier, ses amours, sa famille, son passé, son avenir. Le ou la participant.e doit toujours rester dans la peau de son personnage.
 
Si  l’exercice est trop  difficile, on peut d’abord le faire avec des personnages connus (Céline Dion, un ministre, etc.) De cette manière, ils ou elles prendront l’habitude pour un personnage fictif.
 
La voix
 
Il s’agit pour le ou la participant.e.s d’apprendre à gérer le niveau sonore et le débit de sa voix en fonction d’une activité physique.
 
En parcourant une distance de quelques mètres, on lui demande d’amener sa voix du simple murmure au niveau sonore le plus important qu’il ou elle puise atteindre.
 
La fin du trajet doit coïncider avec l’apogée des décibels et la phrase de montée en puissance doit se faire de façon régulière. On introduit des variations en demandant de lire ou de déclamer un texte et en remplaçant la simple marche par une activité plus complexe (ranger des affaires, faire le ménage, etc.)
 
Le geste
 
Les participant.e.s se mettent en cercle, assis sur des chaises et chacun, tour à tour, propose un geste qui semble anodin, développe la mémoire gestuelle et prépare de fait la mémorisation des actions et des déplacements imposés par la mise en scène.
 
On doit donc imposer au départ des gestes simples et compliquer l’exercice en introduisant des variations : demander une continuité dans les gestes, effectuer l’exercice debout, en mouvement, etc.)
 
Les mains et les pieds
 
Cet exercice se fait en 3 temps et dure pratiquement une heure.
 
Dans la phase exploratoire, les participant.e.s sont debout en position neutre et regardent leurs mains. L’animateur.trice propose différentes émotions à explorer avec leurs mains : Mains nerveuses; contentes; tendues; fatiguées; paresseuses; molles; dures; fâchées; ouvertes; fermées; boudeuses; tristes; gênées; etc.)

On reprend le même exercice avec les pieds.
 
L’animateur.trice aura déposé un grand drap dans lequel il y a 3 paires de trous pour faire passer les mains. Dans une boite, il y a des cartons sur lesquels sont inscrits des émotions. À tour de rôle, les participant.e.s tenteront d’exprimer, en passant les mains à travers les trous, l’émotion du papier. On tente de découvrir l’émotion.

Laboratoire sur le théâtre citoyen, suite...

 

Avenues de développement


Il est important de bien saisir la somme de travail qui fut nécessaire afin de réaliser cet évènement. Il est aussi important d’apprécier la générosité, la disponibilité et la flexibilité des personnes-ressources : Anika Lirette, Angèle Séguin et Isabelle Astier.
 

La collaboration entre le Conseil Provincial des sociétés culturelles du Nouveau-Brunswick, le Théâtre des Petites Lanternes et le Théâtre Alacenne pour la réalisation de ce projet a été essentielle. Cette collaboration a été rendue possible grâce à l’appui du ministère de Patrimoine Canadien, le Ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture du Nouveau-Brunswick, le Secrétariat aux Affaires intergouvernementales canadiennes par l’entremise du Bureau du Québec dans les provinces maritimes.
 
Il est évident que le désir du théâtre communautaire est de divertir autant que d’amener une réflexion au sein de chacune de nos communautés.
 
Ce rapport d’activité vous présente non seulement un résumé d’une journée, mais les défis de l’organisation de cette journée ainsi que son déroulement et des suivis qui ont été jugés comme importants.
 
L’ÉVÉNEMENT
 
JOURNÉE DE RÉFLEXION SUR LE THÉÂTRE CITOYEN
 
Tel que stipulé dans l’état de la situation du projet Le Théâtre Citoyen : perspective d’avenir en médiation culturelle soumis par le CPSC au Ministère de Patrimoine Canadien :
 
«Le théâtre communautaire joue un rôle important au sein des communautés en situation minoritaire. En plus d’aider ses membres à sortir de leur isolement, il leur permet de s’exprimer en français. Or au Nouveau-Brunswick, il n’existe pas moins de 21 troupes de théâtre dont certaines sont nées d’initiatives citoyennes. Récemment, à la suite de la dernière édition du FTCA qui se déroulait à Grand-Sault,  une membre d’une troupe nous a circulé un texte critique sur son expérience telle que vécue depuis les dernières années. Le projet que je présente est donc né, en partie, de la réflexion entourant  ledit texte (voir annexe) duquel je ne retiendrai que la phrase suivante puisqu’à elle seule elle représente ce projet : «Le théâtre communautaire a fait des pas de géant sur le plan de la production, maintenant nous pourrions réfléchir à notre impact sur la communauté.» Gaëtane Dupont-Levesque.
 
 
La préoccupation principale de la journée a été axée sur l’impact du théâtre communautaire sur la communauté. Et aussi, comment le théâtre communautaire et professionnel peuvent-ils travailler ensemble afin d’assurer un impact constructif du théâtre communautaire dans nos communautés.
 
D’entrée de jeu, la présentation d’Anika Lirette, codirectrice artistique du Théâtre Alacenne, fut un compte rendu de voyages et d’expériences de création théâtrale qu’elle a vécue et qui l’ont, en quelque sorte,  préparée à sa rencontre avec Angèle Séguin en octobre 2012: rencontre marrainée par le CPSC. Le travail d’Anika en Croatie et ailleurs, le partage de ses expériences avec les participants à la journée de réflexion a donné le ton à cette journée. 
 
Puis la présentation d’Angèle Séguin du Théâtre des Petites Lanternes de Sherbrooke est venue accentuer l’essentiel lien entre culture et identité, entre territoire et culture identitaire, entre prise de parole et résilience de collectivités. Pour Angèle Séguin le concept de Théâtre Citoyen permet une prise de parole à ceux et celles qui n’en ont pas. Et c’est là une des missions du théâtre, porter sur scène la parole des citoyens. Il faut se rappeler que le théâtre n’est pas né dans les salons du roi, mais dans la rue. Le théâtre a contesté autant qu’il a fait rire, amusé. Le Théâtre Citoyen est un théâtre transformateur de par sa nature de prise de parole citoyenne. L’engagement de public à prendre la parole, l’engagement du théâtre de la véhiculer, voilà l’essentiel du Théâtre Citoyen.
 
Par leurs présentations, leurs visions du théâtre citoyen, les participants ont pu apprécier l’importance de ce concept, mais davantage l’essentiel rapport que l’humain, peu importe ses origines, peu importe la misère qui l’assaille, entretient avec sa culture c'est-à-dire le théâtre comme expérience catharsis. Aussi, un fait  important à souligner, ce lien culturel, identitaire est très lié au territoire habité par l’humain. Pour certains participants, le mérite des présentations n’est pas tant la formule de théâtre citoyen, mais tout ce que cette formule provoque comme réaction.
 
Notons que durant leurs présentations certains mots revenaient souvent, comme des espèces de mantras en boucle;

identité, culture, partage, générosité, énergie, reconnaissance.
 
Le panel qui a suivi ces présentations a également soulevé beaucoup d’intérêt. Et là aussi, des mots sont revenus, comme une espèce de mantra. Des mots comme : énergie, harmonie, unification, fusion, engagement, plaisir, contact, enrichissement, passion, catalyseur, accessible, récréation sociale… Beaucoup de mots pour évoquer ce que le théâtre représente pour les trois panélistes du théâtre communautaire.
 
Puis un constat s’impose… Le panel constitue une prise de parole pour se définir, se préciser, échanger sur le pourquoi, le comment… Rien de révolutionnaire, mais simplement un partage de réflexions, d’idées, de visions, qui se répand chez les participants.
 
Les trois panélistes Sylvio Allain, Claudette Deguire et Léonard Larocque ont aussi été unanimes quant à l’importance du théâtre non seulement pour leurs communautés, mais également pour eux. Quant aux défis que le théâtre communautaire doit relever, tous sont unanimes là aussi… Il y en a, et ils sont nombreux. En voici quelques-uns : le manque d'accès de textes acadiens, les défis technique-éclairage, son, scénographie, la mise en scène-direction d’acteur, l’entreposage des décors, des costumes, les commandites, le financement… Pour qu’un théâtre communautaire fonctionne et évolue, il faut une personne solide, un leadeur. Un leadeur qui sait écouter, qui est entreprenant et capable de propager l’amour du théâtre. Mais pour Sylvio Allain, enseignant à la retraite, le théâtre scolaire joue un rôle essentiel dans l’expression identitaire des étudiants du secondaire. Le théâtre, par les quelques 32 pièces qu’il a écrites et mises en scène avec ses élèves, a permis aux étudiants une prise de parole, leurs permettant d’exprimer ce qu’ils ressentaient.

Ce panel a mis en évidence le besoin de prise de parole par le théâtre, le désir des théâtres communautaires d’aller plus loin, d’évoluer. Les échanges de l’après midi ont confirmé ce besoin et ce désir.
 
 PRÉSENTATION ISABELLE ASTIER
 
Isabelle Astier est une professionnelle de théâtre qui habite Paris. Une professionnelle qui depuis plus d’une décennie maintenant travaille avec un théâtre amateur à Miquelon. De plus elle connait bien le Festival de Théâtre Communautaire puisqu’elle y a participé comme juge et formatrice à quelques reprises.
 
Son apport à la journée fut marquant. Sa relation avec la communauté de Miquelon, le désir de la communauté d’avoir un théâtre amateur, l’élan de générosité, l’engouement de la communauté de Miquelon à la création d’un théâtre amateur a bouleversé Madame Astier. Elle y revient à chaque année travailler avec ces amateurs qui ne cessent de grandir. Et l’implication de Madame Astier dans ce théâtre amateur enrichit son appréciation de cet art.
 
Elle parle également de l’évolution dans sa démarche théâtrale depuis la rencontre des troupes de théâtres communautaires acadiennes lors du Festival. Pour elle, le vocable théâtre communautaire est une perspective plus large et englobant que théâtre amateur.
 
Elle partage également son engouement pour ce qu’elle a vu à ce Festival. Comme professionnelle du théâtre, elle retire beaucoup en travaillant avec les gens du théâtre communautaire et amateur. Elle cite des exemples, et un en particulier qui l’a complètement bouleversée. Un moment de grâce, et effectivement les moments de grâce sont rares au théâtre, comme dans la vie.
 
Elle souligne l’engagement des gens de Miquelon dans leur théâtre amateur, et également l’engagement des Acadiens dans leurs théâtres communautaires. Elle est aussi émerveillée par le travail d’Angèle Séguin et le concept du Théâtre Citoyen, par le parcours et l’engagement d’Anika Lirette pour son désir de mettre en pratique ce concept. 
 
Et nous voilà engagé.e.s dans un échange entre les participants sur tout ce qu’ils ont entendu durant la journée. Et les échanges ne sont pas redondants, mais sentis. Chacun veut partager sa vision du théâtre communautaire, sa simplicité, ses rencontres et ses échanges.
 
De fil en aiguille le lien entre le théâtre professionnel acadien et le théâtre communautaire est évoqué. Et tranquillement on met de côté les comparaisons, les justifications pour tendre davantage vers une espèce de partage d’expérience. Les professionnels présents émettent de façon convaincante leurs désirs de travailler avec le théâtre communautaire afin de grandir ensemble, et non d’enseigner la bonne façon…  Et en retour les participants communautaires émettent le désir de travailler avec des professionnels dans cette optique. Il est cependant évident que toute cette relation professionnel-communautaire amateur repose davantage sur le partage de connaissances, d’expériences.
 
PISTES POUR LES SUIVIS.
 
Lors du panel, certaines pistes de suivis furent évoquées par Madame Deguire et Monsieur Sylvio Allain. Notamment en écriture de textes, puisqu’il n’existe malheureusement aucun répertoire de pièces acadiennes en théâtre communautaire. Préoccupation partagée par Monsieur Léonard Larocque et plusieurs participants. Cette préoccupation est très importante, et pour l’ensemble des participants il serait judicieux de faire revenir Madame Angèle Séguin pour une session de formation sur le Théâtre Citoyen et la cueillette des mots.
 
Autre piste de suivis, les formations Prim’heur. Actuellement cette formation se donne pendant une fin de semaine à un endroit, à la Société Culturelle des Hauts Plateaux. Mise sur pied par la travailleuse culturelle France Levesque, directrice générale de la Société Culturelle des Hauts Plateaux, la formule actuelle de Prim’heur devrait être revue suite à tout ce qu’elle vient d’entendre. Les ateliers pourraient être des ateliers volants, c’est à dire qui tournent. Faudra revoir les possibilités de financement pour un tel changement, mais la réflexion est enclenchée.
 
Également soulevé comme piste de suivi, organiser des rencontres spécifiques, comme par exemple, réunir ensemble les metteurs en scènes des différentes troupes de théâtre communautaires acadiennes afin qu’ils partagent leurs expériences. Établir un dialogue constructif entre les troupes de théâtre communautaire.
 
Il fut également évoqué de faire appel aux ressources ici en Acadie. Profiter de l’expérience de Sylvio Allain qui cumule au delà de 30 ans de travail de création en théâtre communautaire et scolaire. C’est là une ressource inexploitée, puisque personne ne le connaissait, ce qui vient renforcer le besoin pour le théâtre communautaire d’établir un véritable dialogue entre eux.
 
Autre piste de suivi, recueillir tous les praticiens du théâtre professionnel intéressé.es dans une démarche de partage de connaissance avec les troupes de théâtre communautaire dans un répertoire de formateurs. Que ce soit la mise en scène, l’analyse du texte, direction d’acteur, la création d’un texte, l’éclairage, le son, la scénographie, bref… outiller les théâtres communautaires d’un répertoire de personnes-ressources d’ici et mais aussi d’ailleurs.
 
CONCLUSION
 
Ce rapport est évidemment une perception de la journée de réflexion.  Une perception qui se veut objective, mais l’objectivité est parfois une illusion, puisque notre perception des choses est toujours redevable à ce que nous sommes comme individu.
 
Quoi qu’il en soit, cette journée fut très appréciée et a répondu à un besoin criant de dialogue entre les praticiens du théâtre communautaire présents et des praticiens professionnels présents.
 
Il incombe maintenant au CPSC d’assurer un ou plusieurs suivis à cette journée. Le besoin est là. Et il a été clairement affirmé.
 
Cette première rencontre n’en était pas une où il fallait prendre des décisions, mais d’abord de mettre en partage nos préoccupations, nos engagements envers le théâtre communautaire toujours dans l’optique d’aller plus loin. Grâce à cette journée nous avons mis de l’avant nos besoins, nos désirs et notre volonté d’aller plus loin… ensemble.
 
Le succès d’une telle journée revient aux participants qui on su prendre la parole avec une ouverture d’esprit, une générosité et franchise. Tous ont émis des commentaires, tous ont écouté, et je les remercie sincèrement.
 
Un gros merci pour leurs disponibilités, leur flexibilité, leur générosité à Anika Lirette,
Angèle Séguin, Isabelle Astier, Marie-Thérèse Landry et Noëlla Roy.
 
Merci aussi à nos collaborateurs pour la journée, le Théâtre Capitol pour l’excellent service technique dans la salle Empress, au traiteur Yves Côté de Food Court pour l’excellent repas.
 
Merci aussi à Samuel Chiasson pour l’entrevue qu’il nous a accordée à Radio Canada et au Téléjournal Acadie d’avoir fait place à notre évènement le lundi 7 janvier.
 
Merci également aux partenaires financiers et autres : Ministère de Patrimoine Canadien, le Ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture du Nouveau-Brunswick, le Secrétariat aux Affaires intergouvernementales canadiennes par l’entremise du Bureau du Québec dans les provinces maritimes.
 
 
 Philippe Beaulieu
Répéter sans bafouiller! 
  • Trois tortues trottaient sur un trottoir très étroit.
  • Trois petites truites non cuites, trois petites truites crues.
  • Si six scies scient six cyprès, six cent six scies scient six cent six cyprès.
  • Papier, panier, piano.
  • Tu t'entêtes à tout tenter, tu t'uses et tu te tues à tant t'entêter.
  • Où niche la pie? La pie niche haut.
  • Où niche l'oie? L'oie niche bas.
  • Où niche le hibou? Le hibou niche ni haut ni bas !
  • Fruits frais, fruits frits, fruits cuits, fruits crus.
  • Ces six saucissons-ci sont si sec qu'on ne sait si c'en sont.
  • Cinq chiens chassent six chats.
  • Un chasseur sachant chasser sait chasser sans son chien.
  • Un tapisseur qui tapissait le tapis d'un taplssier vit un pisseur qui pissait sur le tapis qu'il tapissait. "Cochon" dit-il au pisseur qui pissait sur le tapis qu'il tapissait, "pourquoi pisses-tu sur le tapis que je tapisse?" Je veux et j'exige d'exquises excuses.
  • Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archi-sèches?
  • Tes laitues naissent-elles? Si tes laitues naissent, mes laitues naîtront.
  • Petit pot de beurre, quand tu dépetitpotdebeurreriseras-tu?
  • Seize jacinthes séchant dans seize sachets secs.
  • Le tas de riz tentant tenta le tas de rats tentés. Le tas de rats tentés tâta le tas de riz tentant.
  • Des blancs pains, des bancs peint, des bains pleins.
  • Seize chaises sèchent.
  • Trois gros rats gris dans trois gros trous ronds rongent trois gros croûtons ronds.
  • Trois tortues têtues trottent en trottinette.
  • Combien font ces six saucissons-ci? Ces six saucissons-ci font six sous. Si ces six saucissons-ci fond six sous, ces six saucissons-ci sont trop chers.

Horaires: Août 2013


Le Pays de la Sagouine 

 Une bizarre de noce avec les Chicaneuses - Le 18 août à 20 h 00                           La Sagouine - Le mercredi 21 août 
 Les forlaqueries -  Les 22, 23, 24 et 29 août 
 Peigne...Navigueux - Le samedi 24 août à 11 h 00
                                                                                                          

Je vous invite à communiquer avec nous pour toute question ou commentaire concernant ce Webzine.

Marie-Thérèse Landry
cpsc.direction@aibn.com
(506) 858-8000 

Mélanie Haché
cpsc.information@aibn.com
(506) 858-8000

Share
Tweet
Forward to Friend
                         
                
Website
Website
Facebook
Facebook
Twitter
Twitter
LinkedIn
LinkedIn
Pinterest
Pinterest
Tous droits réservés © 2013 Conseil provincial des sociétés culturelles

Notre adresse :
27, rue John,
Moncton, NB E1C 2G7

Notre courriel :
cpsc.information@nb.aibn.com